Salut les gens. Bon, aujourd'hui nous sommes le lendemain d'un jour terrible. Du coup ça peut paraître incroyablement stupide de màjer maintenant mais...j'en avais besoin. Enfin.
J'ai pas vraiment la foi de vous faire un speech dessus en fait. On est passés par beaucoup d'émotions depuis à peu près ving-quatre heures et il y a eu beaucoup, beaucoup de morts, de blessés, que ce soit psychologique ou physique, et on est entre la haine et l'amour et tout ceci est...ugh. (pour voir mon avis sur la question, je vous réfère à ce lien). Sinon j'espère que vous avez échappé au gros du drame. Je suppose que oui si vous êtes ici à lire...Ou alors vous vous remettez de la mort de quelqu'un ? On se remet tous un peu de la mort de gens là en fait je suppose mais...Ehm. Bref.

C'est un moment terrible, même encore plus que terrible, que nous traversons. On est divisés entre l'envie de pleurer, la peur, la terreur, le deuil de cette centaine de morts et plus peut-être à venir, et en même temps le besoin de prouver qu'ils ne nous ont pas détruits et qu'on est encore là, aptes à sourire et à défendre nos idéaux. On assimile aussi l'idée que c'est le putain de quotidien de certains pays et que pendant ce temps là, quand eux souffrent, nous on rit...Et ça fait mal. On est tous mal là je crois. Parce que le monde est horrible.

Mais pourquoi on arrive à vivre encore dedans en fait ? Parce qu'il y a des moments joyeux ou on peut déconnecter un peu de tout ça. Le sourire d'un proche. Les feuilles qui tombent dans l'automne doré. Un coucher de soleil, un joli paysage, de beaux yeux et un délicat rire, une musique entraînante, de précieux souvenirs....De belles lectures, de beaux films, de beaux moments de fiction qui entretiennent nos rêves et nous permettent de réfléchir où d'évacuer, par rapport à cette réalité parfois un peu trop cruelle.

Alors j'ai eu besoin de déconnecter. Et de vous faire déconnecter un peu aussi. Voilà une màj qui me tient à coeur, toujours pas d'images mais... et puis....Voilà. Je vous reprends à la fin.

 

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(je vous propose d'écouter ceci pour vous mettre dans l'ambiance mais c'est à votre guise)

 

 

Sa décision était prise. Après avoir eu quelques discussions tenant parfois plus de la dispute qu'autre chose, avec Castiel, Luz avait choisi de demander à son...ami d'être le parrain de ses enfants, du moins de l'aîné. La vérité était qu'elle se moquait duquel, qu'elle se moquait de quel statut elle voulait qu'il occupe, le principal étant qu'il soit là pour eux. Elle inspira avant de saisir son portable pour composer le numéro, dont elle se souvenait malgré elle, tout en ayant soudainement peur qu'il en ait changé : ce serait bien normal vu le temps qui avait passé.

Elle ne pouvait réprimer une peur qui nouait sa gorge au fur et à mesure que les secondes passaient et que les sonneries retentissaient. Un étrange bruit synonyme de silence. Elle avait envie de raccrocher à tout instant, et se demandait si, au vu de sa nervosité, elle arriverait à s'exprimer.

Que la brune inexpressive pouvait se montrer sensible et paranoïaque dès que cela touchait à Maxime. Qu'elle était déraisonnable parfois. Enfin...Tant que cela se cantonnait à ses pensées.

Et encore un joli mensonge. Ne pas admettre ses erreurs, typique chez l'héritière Besson. Peut-être que si elle le faisait, si elle assumait qui elle était, elle s'en sortirait. Elle était bien la seule à ne pas le penser. Elle n'était pas quelqu'un de confiance de base, mais selon elle, c'était le diable en personne.

Maxime mettait tant de temps à répondre, et des tas d'idées traversaient l'esprit de Luz, allant des plus rationnelles aux plus tordues. Et s'il était mort ? Et si Shayna l'empêchait de répondre sans quoi elle divorcerait, ce qui ferait sans doute très mal au jeune homme ? Et s'il n'avait juste pas envie de lui parler, avait tourné la page sur ce qui ne serait plus pour lui qu'un coup d'un soir ?

Elle ne pourrait pas laisser de message...Ou peut-être que si ? Et pour dire quoi ? « Salut, je sais que tu veux sans doute m'oublier parce que je suis une menteuse et une hypocrite qui se fout de la gueule de tout le monde et qu'en plus je suis amoureuse de toi et que tu n'en as rien à foutre, mais voilà, tu sais, le jour où on s'est avoué qu'on allait chacun se marier et que ça a fini sous la couette, très sympa au fait, bah tu m'as fait des jumeaux, très pénibles à gérer d'ailleurs, alors maintenant, si tu pouvais être le parrain, merci bien. Bisous bisous. P-S : j'en ai un troisième en cours ! C'est beau hein ?». A peine exagéré... Mais elle ne pouvait tout simplement pas.

Pourtant, mettant fin à ses doutes, alors qu'elle était prête à appuyer sur l'icône rouge et renoncer à changer son quotidien, les « bip » s'arrêtèrent pour laisser place à un «  C'est.....Luz? ». Même avec la qualité affreuse imposée par la conversation téléphonique, sa voix restait un délice sonore. Elle se mordit la lèvre, à deux doigts de pleurer de joie. Enfin un contact, et il n'avait que l'air surpris, pas dégoûté ou enragé ou autre.

-Ben...Oui.

Elle voulait vraiment répondre quelque chose de cohérent. Vraiment. Mais, forte de ses émotions et de son éternelle incapacité à faire preuve d'un peu de sérénité, elle ne put que continuer pitoyablement :

-C'est bien Max ?
Tout cela allait partir très loin, faire vraiment avancer les choses. Woh. Rembobinage. Depuis quand était-elle aussi sarcastique ? La petite Luz niaise et candide, un peu idiote vous dirait-on peut-être (ou vous direz-vous, après tout) n'avait plus rien d'innocent et d'attendrissant. Grandir était vraiment pénible en fait.

- Oui oui bien sûr. Répondit Max avec entrain.
Un entrain qui fit plaisir à la brune. Alors...Il appréciait de lui parler ? Elle essaya de ne pas manifester tout le soulagement que cela pouvait lui inspirer.
-Je suis contente que tu aies répondu...Tu vas bien ?

Il mit un petit temps avant de s'exprimer :
- Oui oui, à peu près...Quoi de nouveau?
Le ton un peu enjoué toujours...Etait-il heureux alors, dans cette vie sans elle? Comment devait-elle se sentir ? Et que répondre. Enfin, cela lui permettait de rebondir sur ce qu'elle avait à lui demander. Et non, elle ne relèverait pas le « à peu près ». Trop égoïste pour cela, trop nerveuse aussi. Elle se retint à grand-peine de bégayer :

- Ehm...Pas mal de choses, d'ailleurs j'aurai quelque chose à te...Proposer...

Ses doigts se crispèrent sur le petit appareil. Il fallait lâcher le morceau rapidement, mais elle en avait de plus en plus peur. Et s'il lui riait au nez ? Et si elle disait n'importe quoi ou n'assurait pas bien son rôle et qu'il se rendait compte de la vérité ? Après tout, les dates parlaient d'elles-même et un rapide calcul pouvait le faire soupçonner. Et, dans son état, Luz n'était pas sûre de pouvoir assurer ses jolis mensonges. Il la perturbait beaucoup trop. Si il savait... Il la haïrait sans doute pour lui avoir caché ça. Cependant, la brune s'efforçait de dissimuler son stress.
- Vas-y dis-moi tout...
Tout ? Voulait-il vraiment le « tout » ? Arrête de flipper, Luz. Fais ce que tu as à faire et arrête de te prendre la tête, bon sang.
-Je...J'ai eu des jumeaux. Et il me faudrait, tu sais, un parrain, tout ça...

Elle se mordit la lèvre, consciente que ce n'était pas si poli d'appeler pour demander ça après tant de silence, mais après tout, s'il acceptait, ils auraient moyen de rattraper ce temps perdu, non ? Elle tentait vaguement de se convaincre. D'autant plus qu'il pouvait très bien lui raccrocher au nez en apprenant ça. Son cœur battait à vive allure, mais la bombe était larguée.
Seulement Maxime ne parla pas. Son silence n'en était que plus angoissant encore. Prenant ceci comme une accusation, elle essaya de rattraper le coup :
-Je ...Excuse-moi, c'est juste que, tu sais, c'est t...mes enfants (putain Luz fais gaffe ne dérape pas t'es stupide ou quoi il va savoir il va te détester il va tout dire raccrocher) et tu es une des rares personnes en qui j'ai confiance et puis, eh bien...Tu me manques et ça me paraissait une bonne idée de te demander.
Et je t'aime, et j'ai besoin et de toi et de me dire que je n'ai pas caché mes enfants à leur père, et je me meurs sans toi.
- Je....oo..... Légalement, je ne peux pas être le parrain de jumeaux...

-Oui, c'est ce que je voulais dire, d'un seul, mais...Attends, tu acceptes ?
Elle devait s'asseoir, tout de suite, maintenant, pour savourer la jolie vérité.
- Je suppose..

Il semblait manquer d'enthousiasme, et puis...
- Je veux dire oui oui...ce serait une joie.
-Tu as l'air...Tellement motivé, sourit-elle bien qu'il ne pouvait pas la voir.

Malgré cela elle était plutôt contente du débouché de la conversation. Elle enchaîna vite :

-Il faudrait qu'on se voit, que je te montre le petit...Que tu me racontes tout ce que tu as pu faire depuis le temps !

- Je pourrais arriver assez vite...j'ai pas vraiment grand chose qui me retient ici, je ne suis qu'un artiste ambulant après tout. Je ne vis que de mes toiles.
Si la petite Luz innocente et si pure était devenue un mensonge de toutes pièces, Maxime, le gosse de riche populaire était donc devenu un artiste un peu libre ? Cela fit sourire Luz. Elle le trouvait encore plus fabuleux, cela nourrissait encore ses jolis rêves de lui. Et puis...Il viendrait vite ? A l'idée de le voir, elle eut du mal à contenir une exclamation de joie. Epouse indigne. De toute façon, tous les mariages se devaient de tomber en ruine. Tant de divorces, de disputes, et si peu d'amour pour enjoliver ce monde. Elle était tellement désolée pour Castiel, s'en voulait tellement, mais l'égocentrique qu'elle était, à cet instant, ne pouvait plus y penser et se concentrait sur Maxime, Maxime, et encore Max. Son ancien meilleur ami, son amant d'un soir, son fantasme de toujours. Mais justement, à cause de ces deux derniers ingrédients, la situation serait peut-être tendue. Elle essaya de rattraper le tout :
-Au fait, j'espère que tu me pardonneras pour la dernière nuit, tu te souviens, ce que j'avais dit, j'aurais dû accepter le fait que ce n'était pas réciproque. Enfin... J'ai hâte de te voir.

-De quoi tu parles Luz?
Oh. Oh...Alors ça, elle ne s'y attendait pas, mais alors pas du tout. Elle savait bien qu'il se moquait bien d'elle après tout. Stupides illusions qu'étaient les siennes. Cela lui valut un rire nerveux. Pitoyable. Elle était tellement pitoyable.
- Oh ... Rien, rien. C'est même plus d'actualité de toute façon, dit-elle d'un ton léger.
Un ton léger parce qu'elle avait ôté le lourd poids de la vérité et de sa déception, peut-être. Il ne tenait pas à elle comme ça, c'était évident. É-vi-dent. Cependant, peut-être pourraient-ils revenir à une amitié, une amitié simple et épurée de toutes ces complications inutiles. Pourquoi voulaient-ils se rencontrer, en vrai, déjà ? Pourtant, elle n'arrivait pas à regretter ces jours innocents... Changement de sujet, pour ne pas divaguer plus encore, pour se recentrer sur la ré-a-li-té.
-Sinon, il s'appelle Lucas et il me ressemble pas mal ... Il est adorable.

''Normal, il tient de toi'' se retint-elle d'ajouter. A part ses yeux, il présentait des traits semblables à Maxime, en effet, mais rien de trop visible pour qui ne soupçonnait rien.

-Lucas, c'est un beau prénom, déclara Maxime.

-J'aime bien aussi... Mais merci. Sa soeur s'appelle Lyuba.

Elle voulait qu'il en sache le plus sur ses propres enfants, également pour ne pas raccrocher immédiatement, sa voix lui ayant trop manqué même par l'intermédiaire d'un téléphone.

- Lyuba...c'est...assez original...

Inutile de montrer de grandes capacités intellectuelles pour montrer qu'il n'était pas vraiment fan.

- C'est moi qui ai choisi, j'aimais beaucoup..., confia Luz.

Déception légère qui s'ajoute aux autres.

-Tu verras bien de toute façon, ce sont des jumeaux vraiment mignons... Je comprends pas, vu la mère, poursuivit-elle plus pour elle qu'autre chose.

Quand on ne savait pas pour ses piètres talents de parent on pouvait mal interpréter la phrase mais tant pis. Peut-être cherchait-elle juste à être complimentée et appréciée, parce qu'elle n'en pouvait plus de tous ces jeux qu'elle devait jouer. Elle n'en pouvait plus de se soucier d'autrui, d'être si prudente. Elle avait si peur de se tromper, en avait déjà trop dit. C'était à lui de s'exprimer, peut-être quand ils se verraient...D'ailleurs !

- Donc tu passes quand ? Semaine prochaine ?
- La mère est magnifique, dit-il.
Cela arracha un léger rougissement à notre protagoniste. I-il avait bien dit... ?...Mais quelle gamine faisait-elle. S'extasier pour une banalité.

- Je pourrais partir bientôt, reprit son interlocuteur, le temps de me préparer, je pense que si je vais vite, je pourrais arriver ce soir vers 5 heures...peut être...

La rapidité qu'il annonçait la surprit.

- Oh, si vite ? Je vais tout préparer alors...

Ce qui la réjouit. Elle était impatiente de le revoir.

- Si tu veux, je peux te laisser plus de temps, je pourrais bosser sur une toile.....Je ne vous ai pas fait de cadeau de mariage à vrai dire.
Un cadeau de mariage ? Comme si elle en voulait un de lui. Comme si elle voulait qu'il lui prouve qu'il ne se souciait pas de sa vie amoureuse. Et puis, un cadeau de mariage...Des enfants, ça peut peut-être compter, songea-t-elle avec ironie. Il riait en plus, cet espèce de connard, pas capable de comprendre qu'elle était folle de lui. Oui, c'était facile d'en vouloir aux autres. Oui, tellement plus facile. Mais malgré ces mauvaises émotions, cela la touchait. Il voulait faire les choses bien, au moins... Et puis ce n'était pas de sa faute à lui.
- T'embête pas, sérieusement... Même si je voudrais bien voir de tes œuvres. Tu dessines plutôt quoi ?

La discussion repartait sur un terrain moins glissant. C'était ça, qui la gênait surtout. Elle ne voulait pas parler de son mariage si faux et mensonger, surtout avec celui qu'elle aurait préféré en guise de mari.

- J’amènerai quelques croquis si tu le souhaites. Ces derniers temps je dessine surtout...

Elle remarqua qu'il mit du temps à continuer.
- Des paysages...peu importe...
- Aww, tu en dessines encore...?

Cela la fit sourire. Ce n'était pas qu'elle ne se souvenait que de cela mais c'était à ce moment-là que tout avait vraiment changé entre eux et ce qu'il dessinait était vraiment joli.
- Toujours et toi...le piano?

-Le piano ...?

Le piano ? Il croupissait sous la poussière, abandonné bien qu'elle n'ait eu le coeur de le déplacer du salon. Elle n'y avait plus joué depuis des mois, pas l'envie, pas le temps, pas l'inspiration. Mais peut-être qu'il s'y intéressait avec raison : peut-être qu'elle n'aurait pas dû arrêter.

-Je n'en ai pas fait depuis longtemps...Il faudrait que je reprenne.

Oui, avec lui pour inspiration, ça devrait aller.

- Tu devrais..tu sembles tellement plus sereine lorsque tu fais du piano...enfin bon, je ferais mieux d'y aller maintenant, j'ai de la visite..

Il avait remarqué cela...Et il n'avait pas tort.
-D'accord...Pas de soucis.

Elle raccrocha, soulagée, avec l'envie de hurler de joie partout dans la maison, bien qu'elle se contint. Elle se rendit dans la nurserie pour observer ses deux petits, avec l'envie de leur faire des câlins, à tous les deux.

En y réfléchissant bien, la soirée s'annonçait étrange. Castiel était traîné de force à un opéra allemand au synopsis incompréhensible et Maxime arriverait. Ce serait sans doute...Génial. Elle envoya par texto les coordonnées à ce dernier, avec de simples formules de politesses.
Et son coeur battait désormais pour ces heures qui les séparaient, et pour l'espoir de changer cette vie un peu trop dénuée de goût.

 

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Bon donc...Rebonsoir. J'espère que cette màj vous aura effectivement aidé à déconnecter. Je tiens vraiment à ce terme parce qu'il me semble plutôt approprié. 

Donc...Résumé, comme d'habitude n'est-ce pas. 

Luz rappelle Max pour lui demander d'être le parrain de Lucas, dans l'espoir d'améliorer un peu sa vie, aux dépens de Castiel (son mari, quand même...). Et il accepte et va arriver. Et Luz ne se sent plus. Voilà. C'est tout simple en fait.

Donc encore une fois les paroles de Max sont par Cos la merveilleuse, c'est d'ailleurs son anniversaire aujourd'hui (et ça c'est vraiment pas cool) et même si elle est pas toujours bien dans sa tête, elle reste une fille formidable dont vous devriez lire le legacy, et même si vous ne la lisez pas, reste qu'elle est formidable et que c'est la meilleure et que je l'aime.

Je vous avoue que je me sens mieux personnellement et j'espère que cela a pu vous aider aussi. 

Et je vous aime, et merci d'être là pour rendre le monde un peu plus beau qu'il ne l'est. Sans chacun d'entre vous, croyez-moi qu'il serait vachement plus invivable.

#prayforhumanity